Bien que les tickets restaurant constituent une part importante des recettes des établissements de restauration, leur gestion administrative crée souvent des difficultés aux professionnels du secteur. Entre les multiples règles fiscales et les obligations comptables, la bonne déclaration de ces frais n’est pas toujours une mince affaire pour les restaurateurs.
Comment fonctionnent les tickets restaurant ?
Les tickets restaurant sont un avantage en nature, dont bénéficient de nombreux salariés en France grâce à leur employeur. Ils permettent à ses derniers de régler leurs repas au restaurant ou dans certains supermarchés via ces titres. Chaque titre a une valeur nominale, qui est généralement fixée par l’employeur. Ils sont financés en partie par ce dernier et en partie par le salarié. C’est une solution simple et fiscalement avantageuse pour subventionner le repas d’un collaborateur.
Pour les restaurateurs, accepter les tickets restaurant peut s’avérer très intéressant. D’une part, cela permet d’attirer une clientèle qui va déjeuner avec eux grâce à ces titres. D’autre part, cela augmente le volume d’affaires de l’établissement. Mais pour que ce système fonctionne bien, il est important de connaître tous les tenants et aboutissants de son acceptation et de son traitement.
Les tickets restaurant peuvent être papier ou électronique et chaque catégorie a ses propres modalités d’acceptation et de remboursement. Les restaurateurs doivent donc être équipés pour accepter les deux types même si la version électronique est en train de se généraliser. De plus en plus de terminaux de paiement modernes intègrent cette option permettant ainsi un paiement aussi simple qu’une carte bancaire.
Quels sont les points importants à connaître concernant les obligations fiscales lorsque l’on accepte les tickets restaurant ?
La prise en charge de la valeur du ticket restaurant par le restaurateur est exonérée de charges sociales dans la limite de 5,92 euros par titre (montant pour 2023) – sous certaines conditions, dont le fait que la part de l’employeur n’excède pas 60% de la valeur nominale du titre.
Le restaurateur doit s’assurer que le ticket est valide : un ticket restaurant papier est valable pour l’année civile (jusqu’au 31 décembre inclus), + jusqu’à fin janvier de l’année suivante. Les tickets électroniques ont une durée de validité qui peut être différente, selon la politique de l’émetteur. Il ne faut jamais prendre en compte les tickets périmés, ceux-ci étant non remboursables.
Enfin, le ticket restaurant doit être traité comme un moyen de paiement classique au niveau comptable : conservé et enregistré comme un bon de paiement pour éviter les complications pendant un contrôle fiscal. Conserver les reçus et s’assurer qu’ils sont comptabilisés.

Les étapes pour déclarer les tickets restaurant
Pour déclarer les tickets restaurant, les restaurateurs doivent d’abord bien comptabiliser ces titres dans leur logiciel de caisse. Cela signifie les enregistrer comme une vente encaissée, mais aussi tenir à jour le suivi des remboursements à recevoir. Les restaurateurs travaillent le plus souvent avec les sociétés émettrices de tickets restaurant, comme Edenred ou Sodexo, qui mettent à leur disposition des outils de gestion pour faciliter cette tâche.
Une fois les tickets comptabilisés, les restaurateurs doivent déclarer ces titres aux sociétés émettrices pour obtenir leur remboursement. Pour les tickets papier, cela consiste généralement à envoyer les titres par voie postale avec un bordereau de remise dûment rempli. Les tickets électroniques sont eux souvent automatiquement remboursés et crédités directement sur le compte bancaire de l’établissement.
Il est crucial de bien respecter les délais de dépôt des titres pour obtenir leur remboursement. En effet, les sociétés émettrices imposent généralement un délai au retour des tickets passé lequel, les restaurateurs ne pourront plus se faire rembourser les titres déposés. Une bonne organisation est donc nécessaire pour éviter de perdre de l’argent.
Pour une gestion optimale des tickets restaurant :
Les restaurateurs sont invités à mettre en place un suivi rigoureux de leur activité. Cela peut passer par la mise en place de logiciels de gestion, permettant l’enregistrement et le suivi automatisés des tickets et par conséquent, réduisant fortement les risques d’erreurs, mais également en formant leurs employés à la bonne gestion de ces titres.
Ils doivent aussi négocier auprès des sociétés émettrices les meilleures conditions de remboursement possibles (frais de gestion réduits, délais plus courts…). En effet, établir une relation de confiance avec ces entreprises permet parfois d’obtenir de meilleures conditions.
Pour aller plus loin dans la gestion des tickets restaurant, voici quelques conseils :
- Établir un calendrier pour suivre les dates d’expiration des tickets et éviter leur perte de valeur.
- Élaborer un processus clair pour la collecte et le traitement des tickets afin d’optimiser le flux de travail.
- Mettre en place des outils de reporting pour analyser l’utilisation des tickets et identifier les tendances.
- Encourager le retour d’information du personnel sur les problèmes rencontrés dans l’utilisation des tickets afin d’améliorer le système.
- Envisager la mise en place d’un programme de fidélité lié aux tickets restaurant pour inciter les clients à revenir dans le restaurant.
Enfin, il est essentiel de rester informé des évolutions législatives et fiscales concernant les tickets restaurant. Les réglementations peuvent changer, et il est de votre responsabilité en tant que restaurateur de vous assurer que vous êtes toujours en conformité. Participer à des formations régulières ou s’abonner à des bulletins spécialisés peut vous aider à rester à jour et éviter les mauvaises surprises.



