Le pacte de préférence est un contrat par lequel un ou plusieurs actionnaires d’une société dont la transmission est difficile s’engagent à céder leurs actions dans le cadre d’une transmission à un cercle restreint (cercle familial, personnes proches…).
Si la société ne dispose pas d’un outil juridique adapté, la transmission de celle-ci peut être complexe et difficile pour les actionnaires. Le pacte de préférence va donc permettre de sécuriser la transmission mais également de l’effectuer au mieux des intérêts de chacun. Il est donc important d’en connaître les contours et enjeux pour en bénéficier efficacement.
Qu’est-ce qu’un pacte de préférence ?
Le pacte de préférence est un outil juridique qui accorde à une personne (souvent un actionnaire) un droit prioritaire d’acheter des actions ou d’autres actifs avant qu’ils ne soient proposés à des tiers. Ce mécanisme est souvent utilisé dans le cadre de transmissions d’entreprises familiales ou dans des contextes où il est souhaitable de maintenir le contrôle sur la répartition du capital. D’un point de vue juridique, le pacte de préférence est un contrat synallagmatique, c’est-à-dire qui engage les deux parties. L’une s’engage à proposer l’actif en priorité et l’autre a la possibilité (mais pas l’obligation) d’acheter cet actif.
La mise en place d’un pacte de préférence nécessite une attention particulière dans la rédaction des clauses afin d’éviter tout litige ultérieur. Il convient ainsi de définir avec précision les modalités d’exercice du droit de préférence : délais de réponse, prix, conditions d’exercice du droit etc., ainsi que les conditions dans lesquelles l’actif pourra être proposé à des tiers en cas de non-exercice du droit. Ce type de pacte fait partie intégrante des accords contractuels qui visent à régir les relations entre actionnaires et à anticiper les mouvements éventuels dans le capital de l’entreprise.
Les bénéfices stratégiques pour les actionnaires
Le pacte de préférence permet avant tout aux actionnaires d’être protégés de l’arrivée d’investisseurs indésirables. Grâce à leur droit de premier refus sur les actions cédées, les actionnaires existants conservent le contrôle de la structure du capital et évitent les changements brusques dans la gestion et/ou la stratégie de l’entreprise. Ce point peut s’avérer fondamental dans certaines sociétés où la cohérence de la vision stratégique est primordiale.
Par ailleurs, le pacte de préférence permet aux actionnaires d’éviter la dilution de leur participation. En ayant un droit d’acquisition prioritaire sur les actions cédées aux tiers, les actionnaires préservés conservent leur niveau de participation et donc leur poids dans les décisions stratégiques. Cela permet notamment de pérenniser les alliances inter-sociétaires dans lesquelles ils ont investies et ainsi assurer une certaine continuité dans la gouvernance.
Enfin, cet outil peut également faire office de levier de négociation lors des discussions avec les investisseurs et/ou acquéreurs potentiels. Le fait que les actions cédées soient soumises à un pacte de préférence peut rassurer les investisseurs sur la stabilité de l’actionnariat et, par conséquent, sur la pérennité de l’entreprise. Cela peut également inciter ces derniers à améliorer leurs propositions pour obtenir l’accord des actionnaires existants.

Les cas pratiques et exemples d’application
Dans le cadre de partenariats stratégiques ou de création de joint-ventures, les entreprises utilisent fréquemment les pactes de préférence. Par exemple, dans une société start-up technologique, les fondateurs peuvent avoir recours à un pacte de préférence pour garantir leur contrôle sur la direction de la société, notamment lors des cycles de financement où de nouveaux investisseurs pourraient entrer au capital. Ce mécanisme permet aux fondateurs de racheter préalablement les titres des investisseurs historiques avant qu’ils ne soient cédés à un tiers.
On peut également retrouver l’utilisation du pacte de préférence dans le cadre d’une entreprise familiale lorsque les actionnaires souhaitent conserver le caractère familial de la société. Pour ce faire, un pacte de préférence peut être établi afin que les actions restent exclusivement dans la famille en priorisant les membres de la famille pour l’éventuelle acquisition des titres avant d’envisager tout investisseur extérieur. Ceci permet ainsi aux actionnaires familiaux de préserver leur tradition entrepreneuriale et d’assurer une transmission apaisée entre les différentes générations.
Les limites à prendre en compte
Cela dit, comme tout acte juridique, le pacte de préférence comporte des limites, qu’il convient d’anticiper. La première d’entre elles est que le pacte de préférence a tendance à ralentir les éventuelles opérations de cession: en effet, avant de vendre leurs titres à un tiers, les actionnaires de la société doivent solliciter l’exécution du droit de préférence. Cela peut poser des difficultés lorsque le timing et la rapidité de prise de décision sont essentiels, par exemple lors de levées de fonds ou en période de crise.
La seconde limite du pacte de préférence est qu’un pacte mal rédigé peut être source d’ambiguïtés et donc de litiges. Il convient ainsi de s’assurer que les termes du pacte soient suffisamment clairs, précis et conformes aux attentes des différentes parties. En particulier, la définition des conditions d’exercice du droit de préférence doit permettre d’éviter au maximum une éventuelle contestation judiciaire.
Enfin, il convient également d’être vigilant à l’articulation entre le pacte de préférence et les autres accords ou statuts régissant l’entreprise: en effet, un conflit entre le pacte et un autre document juridique pourrait nuire à son efficacité.Les principales limites pouvant justifier la non-constitution d’un pacte de préférence sont les suivantes:
- Des délais trop importants dans le cadre d’une vente.
- Malentendu lié à une rédaction peu précise.
- Incompatibilité avec d’autres contrats.
- Nécessité d’une communication franche et claire entre les actionnaires.
- Impact sur la valorisation…
Afin d’éviter ce type de difficultés lors du choix de constituer ou non un pacte de préférence, il est recommandé faire appel à un conseiller juridique qui pourra vérifier l’harmonisation des différents accords contractuels régissant l’entreprise. Une approche proactive permet notamment non seulement sécuriser les futures transactions mais également renforcer la confiance entre les différentes parties prenantes!



